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Qui est Germain Bergeron?

Germain Bergeron, poète et acrobate de la ferraille.


"Je ne suis pas facile à classer pour les historiens de l'art".  Germain Bergeron, 1995.


Frère de Sainte-Croix, mari, père, enseignant, sculpteur prolifique de renommée mondiale, homme d'affaires et peintre à ses heures.  L'homme aux multiples facettes, féru de la langue française et de sa patrie le Québec ainsi que de son patrimoine, est né en 1933 à Sainte-Perpétue de Nicolet dans une famille d'agriculteurs.  Il a fait son cours classique, un Baccalauréat ès Arts à l'Université de Montréal et une maîtrise en Arts à l'université Notre-Dame en Indiana. Il a enseigné les langues au Collège Notre-Dame puis les arts au CEGEP du Vieux-Montréal.  Mieux connu du grand public en tant que sculpteur, il a réalisé des oeuvres monumentales qu'on peut admirer au Canada d'un océan à l'autre.  Le célèbre Don Quichotte, réalisé dans le cadre de l'expo 67 est actuellement exposé devant le collège de l'Assomption après l'avoir été plusieurs années sur l'île des Moulins à Terrebonne.  Le patineur de vitesse, réalisé pour les jeux olympiques de Calgary, l'homme de fer à Shefferville, Pic et Pelle dans la station de métro Monk à Montréal, autant de sculptures réalisées à partir de rebuts mécanisés.  Germain Bergeron est décédé en 2017 à l'âge de 83 ans à Prévost après avoir habité pendant plus de quarante ans le domaine nommé "La Bergeronne" par les Terrebonniens.  Pour Germain Bergeron, ce vocable correspondait de manière plus précise à  son atelier d'Arts visuels puis Galerie d'Art situés dans la petite maison de pierre datant de 1816-1823, contiguë à sa résidence du 310 Côte de Terrebonne, une maison de briques rouges construite en 1918.  C'est à la Bergeronne également qu'il réalisait ses sculptures, petites ou monumentales.  Les gens qui l'ont connu décrivent un personnage original, aimable et généreux, impliqué dans sa communauté et dans la promotion de la culture à Terrebonne.

En savoir plus sur Germain Bergeron: 

Date de naissance: 18 décembre 1933

Date du décès : 29 juin 2017 à 83 ans


Occupation: Sculpteur 


Germain Bergeron est né à Sainte Perpétue de Nicolet dans une famille d'agriculteurs, à l'époque de la crise économique.  De ce fait, il a été amené à développer son imagination; par la force des choses, ses frères et lui "patentaient" leurs propres jouets.  Son père aussi était inventeur, puisqu'il  fabriquait sa propre machinerie agricole.


Il a étudié au Collège Saint-Césaire de Saint-Hyacinthe avant d'obtenir son brevet d'enseignement supérieur à l'école normale de Sainte-Croix en 1955.  Il fut d'abord professeur de langues à l'atelier La Partance du Collège Notre-Dame de Montréal de 1955 à 1960.  C'est alors qu'il travailla avec le Frère Jérôme Paradis (qui était disciple du Refus Global de Borduas) et qu'il se prit de passion pour les arts plastiques et poursuivit en ce sens ses études.  Il est Bachelier es Art de l'Université de Montréal (1963) et détenteur d'une maîtrise, Master of Art, Major en sculpture de l'Université Notre-Dame en Indiana (1969). 


Il fut pendant 14 ans un religieux en soutane de la communauté des Frères de Sainte-Croix, au Collège Notre-Dame à Montréal.  Il a accroché sa soutane à l'âge de 33 ans et s'est ensuite marié pour devenir père de trois enfants.  Sa fille Sophie emprunte elle aussi le chemin des arts et devient illustratrice et artiste peintre.  


À partir de 1970 jusqu'en 2010, il  a vécu à Terrebonne, sur une terre de trois acres sur laquelle s'érigeait une maison datant de 1849 ayant appartenu à Dame Marie-Genevieve-Sophie Raymond, Seigneuresse de Terrebonne.  Il y a mis sur pied l'atelier d'Art la Bergeronne (1972-75), atelier de sculpture communautaire créé pour permettre aux jeunes sculpteurs de travailler en groupe et de réaliser des oeuvres à l'échelle monumentale, conçues par l'équipe.  Y ont travaillé Ivanhoé Fortier, Michel Lussier et autres sculpteurs de la région de Terrebonne.  Il y a également a ouvert en 1985 la Galerie La Bergeronne.  Il y expose simultanément bon nombre de ses oeuvres.  Les gens peuvent visiter son atelier de création et sont à même de découvrir les techniques et le décor de création.  Plusieurs de ses sculptures ont orné le vaste terrain de sa demeure jusqu'en 2011.


Germain Bergeron peint aussi et devient une sorte d'animateur culturel, s'occupant de galeries et d'expositions, participant à des rencontres et des symposia.   Il fut l'instigateur du Symposium de sculpture de Terrebonne (1978) pour le tricentenaire de la fondation de la Seigneurie de Terrebonne, où il se voit refusé d'exposer.   Il a participé à bon nombre d'expositions individuelles et de groupe au Québec, au Canada, aux États-Unis et en Europe, notamment en France, en Italie et en Hongrie.


Artiste de renommée mondiale, marquant depuis les années 60, Germain Bergeron est de la trempe des Vaillancourt, Trudeau, Bélanger, Roussil.  Il est un créateur ingénieux connu pour ses sculptures en matériaux divers.  Il récupère pour ses sculptures monumentales des têtes de lampadaires, des herses à roulettes, des tuyaux de toutes sortes.  Guy Robert, fondateur du Musée d'Art Contemporain et directeur de la sculpture à l'Expo 67 présente Germain Bergeron comme un "As de la ferraille ".  "Travaillant de différentes façons un métal dur et froid, l'artiste parvient à l'adoucir et injecte une sensibilité à son oeuvre qui se métamorphose".


Germain Bergeron a laissé derrière lui le riche héritage de ses sculptures.  Il a créé au fil des années plus de 600 sculptures de métal, bronzes ou assemblages de rebuts mécanisés.  Il a élevé un cortège de personnages imposants et grandioses (Don Quichotte et la Ballerine ont une hauteur de plus de 9 mètres!) en métamorphosant des pièces en métal récupérées auxquelles il redonne vie et plénitude.  Déjà, il y a plus de quarante ans, il était écoresponsable dans sa façon de créer ses oeuvres. Ses oeuvres sont érigées dans de nombreux endroits au Canada, dans des collections publiques et privées, des collections d'architectes, d'universités et de musées (Musée des Beaux Arts de Montréal, de Québec et de Joliette, Universités de la Colombie-Britannique et de Calgary, chez Seagram).  Actuellement, on peut admirer "La Dame Blanche" dans l'écluse de l'Île des Moulins à Terrebonne alors que le Don Quichotte, la Ballerine et plusieurs autres sont exposées dans les rues de l'Assomption dans le cadre de l'exposition "Sculptures Monumentales entre ciel et terre".


De grandes pièces comme Don Quichotte, Macromagnon et la Ballerine ont attiré l'attention des foules à l'Expo 67 et à Terre des Hommes, à Montréal.  Pic et Pelle, une commande du Maire de Montréal Jean Drapeau en l'honneur des ouvriers qui ont travaillé à la station de métro Monk, ornent la station depuis 1976.  Pour les Jeux Olympiques de Montréal en 1976, le COJO commandite deux sculptures monumentales: le Tir à l'Arc et le Discobole (actuellement à Joliette).  Le Patineur de Vitesse 84 fut créé en l'honneur du champion olympique Gaétan Boucher (Jeux de Sarajevo en 1984) puis placé près de la piste d'accélération pour les Jeux Olympiques de Calgary en 1988.  


Germain Bergeron a consacré 36 années de sa carrière à l'enseignement des arts et de la sculpture, notamment à l'école des Beaux-Arts de Montréal, au CÉGEP du Vieux Montréal. Il a pris sa retraite comme professeur en 1992.  Il a dirigé pendant 2 ans de la galerie d'Art le Gobelet à Montréal (1967-68).  Membre de l'association des sculpteurs du Québec, il participa à sa direction en 1971-1972.  Il participa également à des films sur l'art produits par l'Office national du film, Radio-Québec ou ses étudiants.  


Germain Bergeron a obtenu coup sur coup en 1995 le Premier prix toutes catégories en sculpture décerné par le Cercle des Artistes Peintres et Sculpteurs du Québec en la Place des Arts et le Prix Création-interprétation des Grands Prix Desjardins donné par le Conseil de la Culture de Lanaudière.  Au fil de sa carrière, il fut plusieurs fois boursier au ministère de la Culture.


Germain Bergeron se définit comme un poète de la ferraille.  Son audace et son sens de l'humour sont tout aussi monumentaux que ses sculptures en métal recyclé.  Il étonne par ses associations saugrenues de la ferraille et au niveau des titres qu'il donne à  ses sculptures, des jeux de mots tels "Le Canard Alors Ange", "Le Zigote Gigote", "Le Cafleux", croisement entre un canari et un siffleux.  Germain Bergeron ne se prend pas au sérieux.  Il se définit également comme étant autodidacte, sortant des sentiers battus et créant des oeuvres personnelles.  "Je suis unique en mon genre et pas facile à classer pour les historiens de l'art" Germain Bergeron, 1995.


Le film Bergeron, la suite... sorti en 2014, parle de Germain Bergeron, de son oeuvre et de sa rencontre avec le désigner Robert Brulotte, qui se passionne pour l'oeuvre de Bergeron et participe à sa sauvegarde ( https://youtu.be/H9j8voMjGRY).


Germain Bergeron est décédé en 2017, heureux de savoir que non seulement ses oeuvres ont trouvé preneur et ont été mises en valeur dans le cadre d'une exposition urbaine grandiose dans la Ville de l'Assomption mais qu'également la création au Québec fut du même coup mise en évidence.


Sources:

Robert, Guy.  Bergeron aède de la Ferraille.  L'association des sculpteurs du Québec, 1972.


Des personnages tirés des rebuts, La Presse, samedi 6 janvier 1968.


Le sculpteur Germain Bergeron de la Côte de Terrebonne exposera cinq sculptures à la Biennale de Budapest.  La Revue de Terrebonne, mercredi 12 septembre 1973.


Des sculptures pour les Jeux de 76.  La Presse, lundi 4 février 1974.


Un atelier d'Art visuel ouvert à tous à Terrebonne.  La Presse, samedi 7 septembre 1974.


Le Sculpteur Germain Bergeron de la Côte de Terrebonne au Festival "Arts et Musique"

La Revue, mercredi 22 juin 1977.


La sculpture de Germain Bergeron.  Des tonnes d'acier et encore plus de ferveur.  La Presse, Laval, jeudi 6 octobre 1977.


Le Gaétan de Bergeron.  La Presse, jeudi 19 avril 1984.


Germain Bergeron oeuvre à sa grande Dame Blanche du Cap Diamant.  La Revue, mercredi 25 juillet 1984.


La Bergeronne à visiter jusqu'à la fin août.  La Revue, mardi 20 août 1985.


Métal Hurlant.  La Revue, mardi 26 juin 1990.


Germain Bergeron, poète et acrobate de la ferraille.  Courrier des Moulins Plus, dimanche 28 novembre 1995.


Le métal se transforme au gré de son talent.  La Revue, 15 octobre 1997.


Que sont-ils devenus: La liberté de Germain Bergeron.  La Revue, 29 novembre 2016.

Qui est Germain Bergeron?: Ce que nous faisons
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